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3 avril 2016
Mistral OZ

Abandon de la constitutionnalisation de l’état d’urgence

Abandon de la réforme constitutionnelle, le camp des libertés regagne un peu de terrain. Poursuivons les efforts !

A l’issu du conseil des ministres de mercredi 30 mars, le Président a annoncé qu’il abandonnait le projet de réforme constitutionnelle porté par le gouvernement. 

Le Parti Pirate y était très fermement opposé car le projet visait à créer une sous catégorie de citoyens et à dédouaner notre pays de sa responsabilité face aux attentats dont nous avons été victimes et où les victimes sont très nombreuses à travers le monde. Que ce soit celles qui fuient les zones de conflits pour venir se réfugier en Europe et les citoyens français qui se sentent aujourd’hui en insécurité sur l’espace public. 

Le Parti Pirate est fermement engagé à lutter contre les mesures placebo mises en place par la majorité et soutenu très largement par les parlementaires de tous bords. Non qu’il ne faille pas agir mais au contraire, il faut le faire dans le respect de nos valeurs républicaines et démocratiques. Il faut le faire avec une réelle efficacité contre les maux qui ne sont pas combattus par les mesures liberticides de l’état d’urgence. Celles et ceux qui sont touchés par ces mesures sont les militants politiques et écologistes qui n’ont aucun lien, ni de près, ni de loin avec le terrorisme. Ceux qui luttent contre la réforme de la Loi Travail (de Mme El Khomri) ont pu le constater avec des bavures policières insupportable et une répression de l’expression politique contraire à toutes les initiatives pour redonner ses lettres de noblesses à l’action politique et à la participation citoyenne. 

Le Parti Pirate Bretagne est heureux de cette première victoire encourageante après tant d’échec des militants pour les libertés et de renoncements du gouvernement à nos valeurs. Cette victoire ne nous fait en aucun cas oublier que c’est une guerre que nous somme en train de perdre et pour laquelle il faut continuer à se mobiliser de plus en plus largement pour espérer revenir à un État de droit en France. Un État où les militants peuvent s’exprimer sans craindre d’être assignés à résidence, de perdre leurs droits électoraux de citoyens et où le débat contradictoire peut se dérouler avec une bienveillance réciproque.  

Rappelons aussi que le gouvernement fait face à un défit de moyens face à la lutte contre le terrorisme. Trop de moyens ont été déployés contre les militants sur la COP21 et ceux sur la Loi Travail. Aujourd’hui, nous constatons avec les tragiques attentats de Bruxelles (où les mêmes noms que ceux du 13 novembre à Paris sont cités) que l’efficacité des mesures liberticides n’ont été d’aucun apport. Au contraire, nous constatons dans les manifestations que les CRS qui encadrent les manifestations ne sont pas assez formés (plusieurs agents, équipés comme des CRS ne sont en réalité même pas formés pour les interventions dont ils sont chargés). Nous constatons ainsi les bavures, lié à la fois à un sentiment d’impunité des forces de l’ordre, de moins en moins soumises au contrôle du juge, et à des attentes contradictoires de ceux qui donnent les ordres au ministère et dans les préfectures. 

Ne nous trompons pas d’ennemis. Ne nous trompons pas ce que nous avons à défendre contre les actes totalitaires et criminels de Daech. Nos motivations sont différentes des leurs et nos méthodes d’action ne peuvent être similaires.  

Ce n’est pas la réforme constitutionnelle qui faut abandonner, mais l’ensemble des limitations à nos libertés qui sont contre productif pour lutter contre le totalitarisme et la misère qui engendre les attentats que nous subissons et qui continueront à s’aggraver si nous ne donnons pas plus de moyens à l’instruction judiciaire, que nous cessons de promouvoir l’adage orwellien (« la guerre, c’est la paix ») et que nous n’arrêtons pas de confondre les militants politiques qui promeus un monde meilleurs avec les terroristes qui s’attaquent aux civils.

En ce sens, nous devons poursuivre nos efforts à travers les mouvements sociaux qui expriment en ce moment leur ras-le-bol. Nous devons refuser les interdictions de manifester et continuer à faire vivre cette démocratie où les élus en place se plaignent de l’abstentionnisme mais ne font aucun lien avec la stigmatisation, et la répression face aux mouvements de contestation.

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