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29 janvier 2016

Manifestation contre l’état d’urgence à Rennes

Nous appelions à manifester avec plus d’une 20aine d’autres organisations le 23 janvier, à Rennes.

Cette manifestation de 500 personnes (selon l’AFP) a mis au jour un rassemblement inédit de mouvements politiques et d’organisations qui ne partagent pas d’habitude les mêmes objectifs politiques (cf. l’appel et ses signataires).

Pour nous, Parti Pirate, c’est un espoir de voir se dégager une réelle opposition au « sécuritaire d’apparat » et de rendre visible un contre-discours politique argumenté, basé sur des solutions alternatives et efficaces. Les manifestations du samedi 30 janvier, partout en France, amplifieront cette volonté.

Manifester sous état d’urgence : le bruit des bottes et l’œil de l’hélico

Un hélicoptère a survolé et filmé la manifestation, de son démarrage jusqu’à sa dispersion. Alors même que les CRS (déjà trop présents et démesurément équipés) s’étaient rangés, l’hélicoptère a continué à suivre la petite centaine de militants jusqu’à la fin des prises de paroles politiques clôturant la manifestation.

L’État policier a pu ainsi se montrer en pleine forme : un moyen efficace pour dissuader de futurs manifestants ! Il est évident que tous ne peuvent pas s’exprimer librement dans cette atmosphère rendue délibérément angoissante.

Pour ces raisons, le rendez-vous avec le préfet a été refusé par le comité d’organisation. Notre appel était clair sur ce que nous avions à dire et la présence de cet hélicoptère était déjà une réponse explicite du préfet.

Réponse coûteuse d’ailleurs ! Comment justifier ces milliers euros dépensés [1] ? Ça fait cher le photomaton ! On connaît des manifestations moins chères pour l’État : pneus brûlés, paille déversée et routes bloquées...

L’ennemi supposé de l’État, celui visé par l’état d’urgence, était dans la rue...

Une réaction médiatique honteuse

La manifestation n’a pas été annoncée dans la presse jusqu’au matin même [2]. L’après midi, un communiqué AFP fait état d’organisations de l’extrême gauche dans la rue. De l’extrême gauche, vraiment ? Oui, le Parti communiste, pourtant soutien de l’état d’urgence au Parlement, non signataire du texte, se retrouve en tête du cortège ! Merci l’AFP.

Voici les textes.

Selon l’AFP : << Des mouvements de gauche et d’extrême-gauche, dont le PCF, Lutte ouvrière, le Parti de gauche, le Nouveau parti anticapitaliste ainsi que la Fédération anarchiste, le syndicat FO et le Mouvement pour la paix, avaient appelé à ce rassemblement contre l’état d’urgence instauré après les attentats du 13 novembre >>

Selon l’appel du communiqué transmis à la presse : << Acrimed 35, AL 35, Attac 35, CADTM, Comité France Palestine de Rennes, CNT 35, Collectif antifasciste rennais, Ensemble ! 35, La Sociale-FA, LDH Redon, MJCF 35, Mouvement pour la Paix, NPA 35, PG-35, Parti Pirate, SDAS-FO 35, Solidaires 35, Solidaires étuditant-e-s Rennes, Sud-éducation 35, Un toit, c’est un droit, Vie sauve pour Mumia Abu-Jamal. >>

Est-ce une maladresse ou une intention politique ? Pour le Parti Pirate, « cela montre la volonté du système de caricaturer la contestation de l’état d’urgence, alors même que c’est la société civile et notre parti, hors échiquier parlementaire, qui se mobilisent ».

Un positionnement politique ambigu

Au Parti Pirate, nous nous opposons aux lois liberticides depuis 2011 (date de notre création en France). Nous étions présents en Tunisie, en Russie, en Grèce, et un peu partout où cela va mal. Nous le sommes aussi à Berlin, Paris et Rennes. Pour les mêmes raisons.

Nous appelons comme d’autres à la justice sociale mais notre voix, combattant la première injustice, celle faite aux libertés fondamentales, notre voix doit être entendue dans sa singularité. Nous appelons à la Justice tout court.

Nous avons rejoint ce comité Stop état d’urgence 35 dès le 15 novembre. C’est un comité que nous voulons continuer à rassembler très large, y faire participer des partis et des organisations, y compris celles qui n’ont peut-être pas encore saisi toute la portée de ce qu’implique nos « soutiens » militaires à l’étranger, qui continuent à voter des restrictions de libertés dans les assemblées où ils ont quelques élus.

Au sein de ce comité, le Parti Pirate veut rappeler ce que liberté veut dire : nous appelons à

  • Prendre la mesure des atteintes lourdes à nos libertés que chaque année des lois renforcent. Il ne faut pas accepter ces renoncements car nous défendons nos libertés contre les terroristes et non un État policier contre un autre.
  • S’engager dans la résistance pacifiste en bravant les caméras de surveillance et en allant manifester - y compris en famille - notamment, demain, le 30 janvier (appel national) mais aussi plus tard, quand il faudra reconquérir nos libertés déjà perdues.

Parti Pirate - Rennes

Notes

[1] Un hélicoptère autorisé à survoler une agglomération coûte autour de 3000€/h d’après la cour des comptes (difficile de trouver une source précise sur les actions de la gendarmerie mais les tarifs varies selon les rapports entre 3000 et 4000€ / h)

[2] Erratum : A l’exception de quelques rares médias alternatifs et de la radio locale CanalB.

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