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8 mars 2016

La vidéosurveillance n’est pas un gadget !

A Dinan, la mairie souhiate implenter de la vidéosurveillance, agissons avant qu’il ne soit trop tard !

A Dinan, le conseil municipal veut installer la vidéosurveillance dans la ville. La décision n’est pas encore prise et des élus déclarent qu’ils sont contre : ils veulent cependant créer des comités Théodule (comme le « comité d’éthique » qui ne siégera jamais) et veulent voter à bulletin secret sur le sujet. Le maire fait lui aussi parti des contres... mais avec une conviction bien volatile puisqu’il déclare à la presse qu’il n’a pas d’autre choix.

Le glissement est aussi sémantique puisque de « vidéosurveillance », on est passé à « vidéoprotection » dans la bouche des élus. Ce glissement sémantique est mal maîtrisé par le service de communication (qui parle de vidéo-projection -sic-), mais c’est une étape du processus.

Et c’est un processus que nous connaissons bien au Parti Pirate. Sans une opposition ferme et des mesures alternatives, le conseil votera à bulletin secret (voir en séance à huis clos dont il a été question), cette mesure liberticide. Mais seuls ceux qui ont des choses à cacher ont peur de la transparence... Ironique, n’est-ce pas ?

Le Parti Pirate ne laissera pas passer ce recul de nos libertés publiques

Engagé à Dinan, l’un de nos militants espère bien faire renoncer le conseil municipal. Après concertation avec différents acteurs, la Ligue des droits de l’Homme de Dinan s’est proposée pour organiser un débat le vendredi 11 mars à 20h30 (à la mairie, salle Charles Duclos). De plus, un collectif devrait se constituer pour exprimer l’opposition à ce projet. Le Parti Pirate en sera et appelle les autres formations politiques à s’exprimer elles aussi sur le sujet sans ambiguïté.

Il faut savoir que mettre en place une caméra ne créé pas de la sécurité. Au contraire :

  • Il y a les angles morts : autant d’espaces où tout peut se passer (halls d’immeubles, l’angle d’une rue...). Non seulement les incidents sont déplacés (et non supprimés) mais en plus, ils créer des problèmes qui n’existaient pas avant sur des espaces moins fréquentés (incidents en marge des trafics de drogues dans les halls d’immeuble notamment, et pas seulement).
  • Les moyens importants déployés pour la vidéo surveillance [1] empêche d’autres actions alternatives qui elles pourraient être plus efficaces (voir plus bas).
  • Cela créer un espace « sous-surveillance », identifié comme tel par un affichage ad-hoc et où le citoyen est invité à circuler et donc cet espace n’est plus « protégé » mais retiré de l’espace public disponible pour la rencontre et les échanges.
  • Même allumé 24h/24h et en enregistrant, il faut des opérateurs pour visionner les caméras (en temps réel ou en temps différé) et pour réellement apporter une sécurité, il faudrait doubler d’un moyen d’intervention au moment de l’acte - c’est illusoire car beaucoup trop coûteux dans la réalité. En dehors des structures fermées (magasins, parking, ...), cela ne se fait jamais.
  • Avoir l’image d’une personne incriminé ne suffit pas pour connaître son identité, et encore faut-il avoir eu connaissance du crime ou délit en question. Installer des caméras en ville est donc nécessairement la première étape vers un contrôle automatisé des comportements (une suspicion généralisée) et des interventions policières guidées par des algorithmes.

Bref, on pourrait faire quoi plutôt ?

Il faut savoir que la majorité municipale avait promis de « créer une commission pour réfléchir [à la vidéosurveillance] ». Elle semble s’être un peu vite emballé car nous ne voyons pas beaucoup la couleur de cette commission. Peut-être gagnerait-elle à se réunir en visioconférence ?

Au Parti Pirate, nous proposons plutôt d’étudier cette solution en concurrence avec d’autres. Par exemple :

  • Impliquer plus les citoyens dans le rapport aux autres, ne pas créer des individus complètement écartés et coupés des autres (voir sur ce sujet ce qui se rapport aux dividuels). C’est, au contraire, en permettant aux citoyens de se rencontrer (et parfois de se confronter) qu’on améliore durablement notre société et que lui donnons une chance à une société humaniste.
  • Financer des actions envers la population dans toute sa diversité afin d’avoir une relation citoyens <-> institutions qui soit entretenue (cela veut dire les populations défavorisés mais aussi toutes les autres). Parfois il faut avoir la pertinence d’agir en transparence et avec sincérité. En tant qu’élu, montrer qu’on fait le maximum mais expliquer aussi aux citoyens que la mairie est impuissante à régler certaines difficultés, qu’il y a des actions en cours qui demandent du temps.
  • Enfin, il serait peut-être possible si la situation le nécessite en plus d’autres actions plus long terme d’engager un nouveau policier municipal ou aménager ses horaires pour augmenter la présence sur le terrain. Alternativement, pour diminuer le coût, il serait possible aussi de voir avec du personnel de médiation pour facilité le dialogue et servir d’intermédiaire avec la police national pour les situations impossible à maîtriser autrement.

Mais ça, c’est si la société était pirate. Seulement nous savons tous ce que la paresse intellectuelle implique :

  1. Il y a des problèmes auxquels la mairie ne sait pas faire face
  2. Certains citoyens demandent de la vidéosurveillance
  3. On propose plutôt d’appeler ça de la vidéo-protection/projection et on créer un comité Théodule
  4. Il y a un panneau affiché dans la ville et donc les citoyens se disent que la mairie a agit
  5. ... Par contre, l’insécurité continue exactement comme avant, ou pire, il faut donc plus de mesures liberticides !

Dinanais, mobilisez-vous car vous méritez une meilleure gouvernance. Demandez des comptes aux personnes que vous avez élues (ou à celles qui l’ont été pour vous représenter).

Venez débattre et entendre le Parti Pirate lors de la réunion publique organisée par la Ligue des Droits de l’Homme le vendredi 11 mars à 20h30 à la mairie de Dinan, salle Charles Duclos.

Notez aussi que d’autres actions auront lieu à la suite du débat, n’hésitez pas à manifester votre intérêt pour être tenu.e informé.e des actions à venir.

NB : En pièce jointe, un tract pour appeler au débat que vous pouvez diffuser autour de vous.

Documents joints

Notes

[1] Une caméra coûte : 36 600 € à l’installation et 7 400 € par an de maintenance, d’après le rapport de la Cour des Comptes, 2011 - et confirmé par les estimations sur Dinan qui en plus devra faire attention à ne pas nuire à l’architecture de la ville

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